
Les volumes extrêmes ne sont pas une nouveauté : ils sont dans les archives depuis soixante ans
Gaultier et Miyake dans le désert
Pour son numéro de novembre, Elle US a installé une série de mode à Swing Arm City, un paysage accidenté de l'Utah, contrepoint parfait aux looks avant-gardistes de la saison. Les photographes Sarah Van Rij et David Van Der Leeuw et la styliste Dimphy Den Otter y ont mis une robe Jean Paul Gaultier sous un chapeau sculptural de Marianne Jongkind, un manteau et un chapeau Jacquemus, une robe Dolce & Gabbana, une veste et une jupe Lanvin, un top, une robe et un chapeau Issey Miyake, une robe et des gants Balenciaga. Le titre résume l'automne : la mode va aux extrêmes.
Les défilés le confirment. Vogue Adria a retenu de la Fashion Week de Paris de l'automne-hiver 2026 un blazer Dior signé Jonathan Anderson, marqué à la taille presque sculpturalement avant de s'évaser en péplum spectaculaire ; un manteau de fourrure Saint Laurent au col immense ; un corset presque nu chez Jean Paul Gaultier, entre architecture et sensualité ; des silhouettes presque en armure chez Junya Watanabe. Dans un autre article, le même magazine décrit les jupes de la saison comme des « Hunger Games du maximalisme » : silhouettes ballon, volants spectaculaires et plumes chez Balenciaga, Chloé, Acne Studios, Bottega Veneta et Carolina Herrera. Même le pantalon gonfle, en version ballon chez Chloé, Zimmermann ou Celine.
On a envie de nuancer le mot « extrême ». Ce n'est pas un retour de mode : c'est une langue que quelques créateurs parlent depuis soixante ans. Et leurs pièces d'archive sont souvent plus portables que les versions de podium, parce qu'elles ont été pensées pour la vie réelle avant de l'être pour la photo.
1964 : la ligne qui sort du corps
En 1964, André Courrèges présente une collection qui fait l'effet d'un choc. Le Victoria and Albert Museum la décrit : jupes courtes très ajustées, pantalons étroits, bottes plates blanches à bout carré, une « moon girl » inspirée par la jeunesse, le sport et la conquête spatiale. La ligne trapèze, qui part des épaules et s'évase sans suivre la taille, rompt avec des décennies de silhouettes corsetées. Le V&A et le Metropolitan Museum conservent des bottes de cette période.
Première leçon : on peut changer complètement une silhouette avec une ligne très simple.
1997 : déformer le corps lui-même
Pour le printemps-été 1997, Rei Kawakubo présente chez Comme des Garçons la collection Body Meets Dress, Dress Meets Body : des rembourrages en duvet glissés sous des robes en nylon et polyuréthane, aux hanches, au dos, aux épaules. Une de ces robes, offerte par Barneys New York en 1998, est au Metropolitan Museum, qui l'a exposée en 2017 dans sa monographie consacrée à Kawakubo. Ici, le volume ne flatte plus le corps : il en propose un autre.
Le volume radical ne sert pas à cacher. Il sert à poser une question sur ce qu'on attend d'un corps habillé.
1993 : le volume qui ne pèse rien
Entre les deux, Issey Miyake trouve la version la plus démocratique du volume, celle que l'on retrouve dans le désert de l'Utah. Présentée en 1993 et vendue à partir du printemps-été 1994, la ligne Pleats Please repose sur une technique inversée : le vêtement est coupé deux à trois fois plus grand que sa taille finale, cousu, puis plissé à chaud entre deux feuilles de papier. Le résultat ne se froisse pas, se lave en machine et tient dans une valise. Un vêtement sculptural qu'on peut porter tous les jours.
Porter la forme sans se déguiser
La règle est la même qu'avec toute pièce forte : un volume par tenue. Une jupe trapèze avec un haut près du corps. Une robe plissée avec une chaussure plate et nette. Une cape sur un pantalon droit. C'est d'ailleurs ce que fait Dior avec son péplum : un volume spectaculaire, mais une taille parfaitement marquée.
Sept pièces qui jouent avec la forme
Le plissé Miyake


La ligne trapèze Courrèges


Les volumes qui bougent
Marithé et François Girbaud ont fondé leur marque en 1972 et ont été parmi les pionniers du délavage et des nouvelles techniques du denim. Leurs pièces ont toujours joué avec les volumes.



Essayer la forme avant de l'adopter
Les pièces sculpturales sont celles qu'on hésite le plus à acheter : on les adore sur cintre, on ne sait pas si on les portera. Avec le Club, la question ne se pose plus. Pour 39,99 € par mois, tu portes jusqu'à 300 € de pièces en même temps, avec un changement par mois. La jupe Courrèges, le top Miyake et la jupe Girbaud tiennent ensemble dans la même box. La robe Pleats Please, au-dessus de 300 €, passe avec le Club+, à 59,99 € par mois pour jusqu'à 500 € de pièces. Si une forme devient la tienne, tu achètes la pièce avec une réduction.
Sources
- Elle US, « Fall Fashion Is Going to Extremes », 21 octobre 2026 : voir la série
- Vogue Adria, « Pieces from Paris Fashion Week I still keep thinking about », Anja Stanković, 12 mars 2026 : lire l'article
- Vogue Adria, « All the skirts we'll be wearing on repeat this autumn », Laura Cerón, 27 août 2026 : lire l'article
- Vogue Adria, le pantalon ballon de l'automne-hiver 2026, Emma Bocchi, 29 septembre 2026 : lire l'article
- Victoria and Albert Museum, bottes André Courrèges, 1965 : voir la fiche
- Metropolitan Museum of Art, robe Comme des Garçons, printemps-été 1997 : voir la fiche
- Issey Miyake, Pleats Please : voir la page
- FIDM Museum, « Issey Miyake Pleats Please » : lire l'article
- FashionUnited, « François Girbaud to bring denim innovation to J Brand », juin 2014 : lire l'article